La 8e édition du Salon des Tournages se tiendra les Lundi 22 et mardi 23 janvier 2018 à la Grande Halle de la Villette.

D’autre part, à l’issue de la journée du 22 janvier, la Mairie de Paris présentera ses voeux aux Associations des Techniciens du Cinéma et de l’Audiovisuel.

Comme les années précédentes, MAD tiendra un stand commun avec l’ADC.

Depuis 2011, le Salon des Lieux de Tournage, premier événement du genre en France, permet à la fois à des sites franciliens, aux départements, mais aussi à l’ensemble des régions françaises de présenter leurs décors et leur politique d’accueil des tournages et aux professionnels de découvrir de nouveaux lieux ou des éléments méconnus de sites emblématiques ainsi que les offres des sociétés de prestations de tournage.

La Grande Halle de la Villette permettra d’accueillir plus d’entreprises, plus de sites franciliens mais aussi des sites de toute la France.

Le Salon des Tournages est organisé par la Commission du Film d’Ile-de-France, un Etablissement Public de Coopération Culturelle créé en 2004 à l’initiative de la Région Ile-de-France dans le cadre de sa politique culturelle pour assurer la valorisation de la filière audiovisuelle et cinématographique et avec le soutien du CNC et de Film France.

La liste complète des exposants figure sur le site du Salon.

Plus d’infos : http://idf-locationexpo.com

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Les mixeurs de l’ADM (Association Des Mixeurs)
et de l’AFSI (Association Française du Son à l’Image)

Chers productrices et producteurs,

Nous partageons avec vous notre passion du cinéma et avons en commun, chacun à notre échelle, d’accompagner le metteur en scène dans sa démarche cinématographique. Nous participons ensemble à cette aventure qu’est la fabrication d’un film et c’est à ce titre que nous souhaitons vous informer de la situation délicate dans laquelle nous nous trouvons.
L’histoire de notre métier l’explique en partie. Les mixeurs étaient à l’origine employés par les laboratoires cinématographiques et donc assujettis à la convention collective des industries techniques. Dans les années soixante, les bandes sonores devenant plus complexes, les réalisateurs conscients de l’enjeu technique et artistique du mixage ont tenu à choisir par eux- mêmes leurs mixeurs qui sont alors devenus peu à peu intermittents. Sur le plan salarial s’était simplement instauré un tarif d’usage que chacun connaissait et respectait.
Pourtant la convention collective de l’époque, datant des années 50, ne sera jamais mise à jour et continuera d’ignorer notre profession pendant une soixantaine d’années. Cette incohérence cessera finalement avec l’entrée en vigueur de l’actuelle convention collective de la production cinématographique en octobre 2013. Cependant, au cours des difficiles négociations qui ont abouti à l’établissement de cette convention, la post-production est restée en marge des discussions focalisées essentiellement sur le tournage. Il en a résulté un accord très défavorable à notre égard ainsi qu’à celui des bruiteurs et des monteurs son.
De fait notre salaire minimum s’est retrouvé sous-évalué de 35% relativement au salaire moyen pratiqué avant octobre 2013. De plus, notre définition de fonction ne comportait pas la mention « Cadre collaborateur de création », indispensable pour intégrer automatiquement les 9 points éligibles prévus par la nouvelle réforme de l’agrément en application depuis janvier 2018.
Nous restons donc à ce jour totalement vulnérables aux délocalisations qui fragilisent sérieusement nos vies professionnelles.Comme vous le savez, nous y sommes très régulièrement exposés depuis une dizaine d’années, tout comme d’ailleurs l’ensemble des acteurs de la post-production son.
Cet amer constat a suscité de notre part une vive incompréhension. Comment admettre en effet que du jour au lendemain notre travail soit dévalué de 35% alors que les compétences et les responsabilités qu’il suppose restent invariables ! Comment interpréter que l’apport artistique de notre travail soit nié contre toute évidence ? À cet égard, il suffit de questionner des réalisateurs sur le sujet (plus de 160 se sont exprimés pour témoigner à quel point cette dimension de notre métier leur importait) ou d’observer le palmarès des César qui chaque année récompense l’apport artistique des métiers du son, pour que cette évidence soit indiscutable.
Paris, le 09 janvier 2018
Nous souhaitons rappeler ici que les compétences et la chronologie liées à notre métier supposent d’assumer la responsabilité technique et artistique du résultat final de la bande sonore et ce jusqu’à sa diffusion, quel qu’en soit le support. À ce titre aussi nous exerçons une responsabilité particulière qui justifie une rémunération particulière.
Lorsqu’il nous arrive d’en discuter, bon nombre d’entre vous mesure que les termes de la convention collective sont en total décalage avec la réalité professionnelle puisque de fait, pour la plupart des mixeurs expérimentés, le tarif habituellement pratiqué avant la mise en œuvre de la convention collective reste appliqué.
Nous avons parfaitement conscience que le monde a évolué et que vos difficultés à financer et fabriquer des films se sont notoirement accrues. C’est pourquoi, à responsabilité comparable, nous proposons d’aligner notre salaire minimum sur celui des chefs opérateurs image, ce qui reste significativement inférieur aux usages antérieurs à l’application de la convention. Cette proposition nous semble cohérente parce qu’elle tient compte de l’évolution du contexte économique mais ausside la grille salariale existante.
Pour finir, nous nous expliquons mal les raisons pour lesquelles nous arrivons facilement à instaurer un dialogue sur ces sujets avec la grande majorité d’entre vous et pourquoi, à l’inverse, vos syndicats ferment radicalement la porte à toute discussion. En effet voici maintenant plus de 18 mois que les syndicats SNTPCT et SPIAC ont déposé un projet d’avenant portant nos revendications auprès de la Commission Mixte Paritaire, sans qu’aucune amorce sérieuse de dialogue et encore moins de négociation n’ait vu le jour.
Cette regrettable situation nous contraint en dernier recours à décider d’une première journée de grève le mardi 16 Janvier 2018 afin d’obtenir en urgence l’ouverture, par l’entremise de nos syndicats respectifs, d’une négociation spécifique aux mixeurs qui porterait sur les points déjà cités :
– la revalorisation de notre salaire minimum à hauteur de celui des chefs opérateurs image.
– la modification de notre définition de fonction en y incluant la mention : « cadre collaborateur de création ».
Nous espérons que ce courrier vous aura convaincu de l’urgence à ouvrir un dialogue. Nous souhaitons, tout comme vous évidemment, éviter de voir ce blocage persister et risquer de compromettre le bon déroulement des post-productions à venir.
Veuillez accepter l’expression de notre considération et puisque le calendrier s’y prête, une très bonne année 2018.

Les mixeurs de l’ADM (Association Des Mixeurs) et de l’AFSI (Association Française du Son à l’Image)

 

Locatema fait un petit show room avec les invendus de leur grosse vente aux enchères ( pour faire des cadeaux de Noël), donc si vous êtes intéressés et avez un moment n’hésitez pas à aller fureter là bas et aussi faire passer le message pour les copains et copines. C’est jusqu’à vendredi 22 décembre.

LOCATEMA : 45 avenue Victor Hugo Bâtiment 215B, 93300 Aubervilliers
Téléphone : 01 49 46 20 10
A 3 mn du métro Front populaire

Une quarantaine de personnes, membres de MAD et d’autres associations professionnelles étaient présente dans la salle Eugène Henaff pour poser leurs questions sur ce que pouvait entraîner les lois Travail sur nos contrats de travail et professions. Le plus grand danger est expliqué ci-dessous (extrait d’un post du facebook du spiac CGT du 9 septembre 2017). A noter que le SNTPCT et le SPIAC-CGT (les 2 syndicats représentatifs de notre branche professionnelle sont d’accord sur le sujet)

« Dans les entreprises où l’effectif est habituellement de moins de 11 salariés (cas fréquent des sociétés de productions ou des compagnies), l’employeur pourra désormais proposer un accord collectif d’entreprise, modifiant certaines conditions d’emploi, de rémunération, et cela même sans difficultés économiques particulières. Pour être valable et applicable, il suffira que 2/3 des salariés approuvent l’accord… Facile pour un employeur, dans ces conditions, d’obtenir un vote favorable !

Dans nos milieux où le CDD d’usage est la norme, une compagnie ou société de film pourrait donc renégocier par accord collectif les conditions d’embauche pour chaque projet ! Peu important que les salariés concernés travaillent régulièrement pour cet employeur… Avec un tel accord, faire valoir lors d’un nouveau contrat de travail son ancienneté, son expérience, sa notoriété ou même dans certains cas les accords de branche, relèvera désormais du défi.

Seule une position commune de vote de tous les salariés de la structure pourra alors éventuellement faire obstacle à l’accord… A ceci près que ce ne seront pas les salariés en passe de signer un énième CCD d’usage qui seront sollicités pour voter (puisque ne faisant pas partie des effectifs permanents…) mais uniquement le personnel fixe, souvent en nombre très réduit et ne travaillant pas nécessairement dans les conditions souvent très spécifiques des artistes et du personnel technique, ou facilement soumis à la pression de l’employeur. »

Toutes vos remontées de terrain sont les bienvenues (contactez le SPIAC CGT ou le SNTPCT). Des actions seront engagées auprès du conseil d’état pour défendre nos conventions.

Ce communiqué de presse à l’initiative des associations MAD/ADC a été envoyéà différents journaux afin de positionner nos associations comme prescripteurs du futur projet sur les studios de la Victorine. C’est ce que notre association souhaite continuer de faire dans tous les dossiers concernant les studios menacés de destruction ou à construire.

 Communiqué de l’Inter-associations professionnelles membres de la CST
Communiqué de Presse
Paris, le 22 novembre 2017
Les nombreuses associations professionnelles de techniciens du cinéma et de l’audiovisuel
réunies au sein de la CST se réjouissent de la volonté de reprise en main des mythiques Studios
de la Victorine par la Mairie de Nice.
Alors que le relèvement du plafond du crédit d’impôt a contribué à relocaliser la cinématographie
française ainsi qu’à rendre plus attractifs les tournages étrangers en France, et que dans le même
temps les dispositifs sécuritaires, restrictifs pour les décors citadins, entraînent un retour des tournages en studio, il nous semble en effet important de conserver et de développer des infrastructures comme les Studios de la Victorine à Nice.
Laboratoires de création pour les réalisateurs, les studios sont pour les techniciens des espaces
d’innovations techniques et artistiques, ainsi que de transmission des savoir-faire, où le meilleur de l’artisanat y côtoie les dernières techniques numériques.
Notre mobilisation pour la sauvegarde des studios de Bry-sur-Marne a montré notre attachement à ces usines à rêves.
Certains films se tournent majoritairement en studio ; beaucoup sont réalisés à la fois en décor
naturel et en studio, enfin, les productions utilisent également le studio comme «camp de base», même lorsque les tournages se font en extérieur. Car le studio de cinéma est l’endroit idéal, optimisé et homologué pour notre activité (bureaux, plateaux, ateliers de construction de décors,
locaux de répétitions, plateaux de trucages, locaux de stockage, stationnement des véhicules,
gardiennage, zones de travail extérieures, station électrique, etc.)
En tant que prescripteurs et utilisateurs des studios, c’est avec enthousiasme et intérêt que nous
souhaitons contribuer à la mission d’expertise envisagée par la municipalité de Nice, afin
d’apporter notre expérience professionnelle en la matière, et soutenir ainsi la renaissance de ce
studio historique de la région Provence-Côte d’Azur, dont le développement futur doit être à la
hauteur des enjeux de notre industrie cinématographique hexagonale et européenne.
Associations signataires :
ADC-Association des Décorateurs de Cinéma-www.adcine.com
MAD-Métiers associés au Décor-www.mad-asso.com
AAPCA-Association des Administrateurs de Production Cinéma & Audiovisuel-www.aapca.fr
ACFDA-Association des Chargés de Figuration et de Distribution Artistique-http://www.acfda.fr/
ADP-Association des Directeurs de Production-http://www.directeurdeproduction.co/index.php
AFAR-Association Française des Assistants Réalisateurs-http://www.afar-fiction.com/
AFC-Association Française des directeurs de la photographie Cinématographique-http://www.afcinema.com/
AFCCA-Association Françaisedes Costumiers du Cinéma et de l’Audiovisuel-www.afcca.fr
AFR-Association Française des Régisseurs cinéma et audiovisuel-http://www.afrcinetv.org/
AFSI-Association Française du Son à l’Image-https://www.afsi.eu/page/65739-accueil
AOA-Assistants Opérateurs Associés-www.aoassocies.com
CST-Commission Supérieur Technique du son et de l’image-www.cst.fr
LMA-Les Monteurs Associés-http://www.monteursassocies.com/
LSA-Les Scriptes Associés-http://lesscriptesassocies.org/

Le 14/11/2017 à 16:41 par Thierry Wojciak
Le Monde / CB news

La présidente de France Télévisions Delphine Ernotte Cunci propose de constituer une « équipe de France de l’audiovisuel » réunissant groupes publics et privés après des « Etats généraux » du secteur, dans une tribune parue mardi dans Le Monde. « Il est possible de constituer en quelques mois « l’équipe de France » de la création audiovisuelle et de devenir un champion européen qui pèse sur la scène mondiale », a-t-elle estimé après avoir dressé un portrait sombre d’un secteur audiovisuel français à la peine face aux innovations numériques. Cette « alliance » pourrait se constituer après des « Etats généraux de l’audiovisuel » à organiser début 2018, qui réuniraient « toute la société civile de l’audiovisuel, les auteurs, les créateurs, les producteurs, les responsables de chaîne », selon elle.

Delphine Ernotte appelle aussi à « des rapprochements d’acteurs publics autour de la création, la production, la digitalisation et la distribution d’images », alors que France Télévisions devait proposer lundi au gouvernement des pistes de synergies avec les autres médias publics. Deuxième priorité pour elle : le numérique. France Télévisions a prévu pour le printemps 2018 le lancement d’une nouvelle plateforme de vidéo à la demande, réunissant ses productions et celles de producteurs français. Mais la plateforme doit « aller plus loin en travaillant de concert avec les télévisions privées, gratuites ou payantes, les opérateurs de télécommunications, les plates-formes existantes et les start-up », souligne-t-elle dans son texte. Des discussions avec TF1, M6 et Orange pour créer un « Netflix à la française » avaient échoué en 2015. La présidente de France Télévisions s’adresse aussi aux autres services publics européens, appelant à plus de coproduction. « Les chaînes scrutent trop les marchés nationaux, alors que nos téléspectateurs regardent des séries du monde entier », souligne-t-elle, évoquant la possibilité de fonder rapidement un « Netflix public européen ». « Il y a urgence si nous ne voulons pas que la France disparaisse des écrans du monde », lance-t-elle. « Nous ne produisons que 800 heures de fiction par an, quand nos voisins allemands et anglais tutoient la barre des 2000 heures ».

Le syndicat SNTPCT communique sur la réglementation concernant les feuilles d’heures que les ouvriers et techniciens du cinéma doivent remplir chaque semaine.

CONVENTION COLLECTIVE NATIONALE DE LA PRODUCTION CINÉMATOGRAPHIQUE ET DE FILMS PUBLICITAIRES
La non délivrance du décompte individuel des heures de travail effectuées chaque journée peut générer des situations de conflit.
L’article 29 de la convention collective précise :
Un décompte individuel sera établi dans le but de déterminer les durées respectives des heures de travail effectives, des pauses repas et du transport entre le lieu de rendez-vous et le lieu de tournage.
Ce décompte, établi pour chaque journée, sera remis au salarié au plus tard le premier jour de la semaine suivante de travail et au terme du lendemain du dernier jour de travail sur le film ; et pour les salariés engagés pour une durée inférieure à 5 jours, au terme du lendemain du dernier jour de travail. Ce décompte sera attesté par le directeur de production où par un responsable désigné par celui-ci..
La remise aux ouvriers et techniciens de ce décompte individuel est obligatoire.
Sur certaines productions, le nombre des heures de travail réalisées dans la journée par les ouvriers et les techniciens dépasse les seuils de durées maximales fixées par le code du travail.
Les Productions s’étant dispensées d’adresser une demande auprès de l’inspection du
travail pour obtenir une dérogation à la durée journalière maximale absolue de 12 heures –
et, selon les cas, outrepasser la durée maximale absolue de 60 heures ; celles-ci n’éta-blissent et ne délivrent pas de décompte aux ouvriers et techniciens, ou limitent le nombre d’heures de ce décompte individuel à une durée journalière de 10 heures.
Il en est de même sur les fiches de paie où les heures supplémentaires effectuées notam-ment au-delà du plafond hebdomadaire de 60 heures ne sont pas précisées et ne sont pas rémunérées.
Pour éviter des situations conflictuelles, exigez de la Production la remise du décompte fixé à l’article 29 de la convention collective.
Dans le cas où le nombre d’heures décompté par la Production ne correspond pas au total des heures de la journée de travail, établissez vous-même votre décompte et adressez le à la Production par courrier électronique afin de justifier de la preuve du décompte que vous avez établi.

La Chambre sociale de la cour de cassation précise que la production d’un décompte indi- viduel des horaires rédigé de la main du salarié suffit à étayer une demande en paiement d’heures supplémentaires ou complémentaires devant les tribunaux.
Notamment en cas d’accident, le fait d’effectuer des heures supplémentaires au-delà des plafonds maxima fixés par le code du travail peut constituer une faute caractérisée et exposer la Production et ses représentants à des pénalités et des poursuites pénales.
En cas d’accident de travail ou de trajet, pour les ouvriers et techniciens, le décompte du
temps de travail effectué chaque journée de la semaine pourra être utile à la Caisse Primaire d’Assurance Maladie pour que ceux-ci soient pris en charge au titre d’accidents
du travail ou de trajet et ouvrir les droits qui y sont attachés, dans le cas où ladite Caisse
Primaire d’Assurance Maladie ne reconnaîtrait pas l’accident du travail en premier
examen.

Le SNTPCT conseille d’établir votre décompte journalier d’heures de travail
effectif sur le modèle suivant :

feuille d’heures SNTPCT

L’avenir du cinéma français:

trois chantiers de réforme

 

Lors des Rencontres cinématographiques de Dijon, le 13 octobre dernier, Françoise Nyssen a évoqué l’avenir du cinéma en France et les défis qu’il lui faudra relever dans un contexte qui connaît, notamment avec la mondialisation et l’expansion du numérique, de profondes mutations.

« L’ouverture au monde, est l’ADN du modèle culturel français » et c’est sous le signe de cette ouverture, a précisé encore Françoise Nyssen, que doivent se comprendre tous les défis que notre cinéma doit relever aujourd’hui : « Une ouverture pensée, toujours, pour être synonyme de diversité – c’est le principe de l’exception culturelle. Le cinéma en offre le meilleur modèle : près d’un tiers des 700 films qui sortent en salle en France chaque année ne sont ni français, ni américains. »Un indispensable effort d’innovation. Le secteur connaît de profondes transformations. Le numérique et la mondialisation bouleversent les schémas traditionnels de financement et de diffusion des œuvres. Il revient à l’Etat d’adapter ses solutions à ce nouveau contexte. Depuis l’entrée en vigueur des taxes dites « Netflix » et « Youtube », le 20 septembre dernier, l’ensemble des plateformes de vidéo en ligne – qu’elles soient payantes ou gratuites, qu’elles soient établies en France ou à l’étranger – vont contribuer au financement de notre cinéma.
L’État a su également répondre au risque croissant de délocalisation des tournages en relevant considérablement les crédits d’impôt en 2016 : près de 500 millions d’euros supplémentaires ont été investis dans les tournages en France entre 2015 et 2016.Parallèlement, Françoise Nyssen va lancer trois nouveaux chantiers de réforme : la révision de la chronologie des médias, la lutte contre le piratage, et la réforme de la régulation audiovisuelle.

  • S’agissant de la chronologie des médias, la ministre annonçait le 19 septembre qu’un médiateur serait désigné pour mener la concertation avec les professionnels en bénéficiant de l’appui du CNC : il s’agit de Dominique d’HINNIN, ancien inspecteur des finances et ancien dirigeant du groupe Lagardère. Il aura au maximum six mois pour trouver un nouvel accord. Faute de quoi, le Gouvernement proposera une solution législative ou réglementaire.
    Selon Françoise Nyssen, « La modernisation de la chronologie des médias est rendue nécessaire par l’évolution des usages. Elle doit également favoriser l’investissement dans la création cinématographique, en privilégiant les diffuseurs qui prennent des risques et financent la production des films français et européens. »
  • La lutte contre le piratage a déjà donné lieu à la signature – il y a quelques semaines – d’un accord entre le CNC, l’Association de Lutte contre la Piraterie Audiovisuelle et Google, accord qui va assurer une meilleure collaboration entre le propriétaire de Youtube et les ayants droit. Par ailleurs, la Hadopi a confié une mission d’étude juridique sur les évolutions possibles de la riposte graduée aux piratages. Il faut aller plus loin : aujourd’hui le streaming illégal constitue l’essentiel du piratage, hors, il n’est pas couvert par la riposte graduée. Il convient aussi de faire œuvre de pédagogie, d’éduquer les jeunes publics et de promouvoir l’offre légale.
  • La modernisation de la réglementation audiovisuelle : celle-ci date pour l’essentiel des années 80, c’est-à-dire d’avant Internet, quand les modes de diffusion étaient exclusivement hertziens et linéaires. C’est un vaste chantier, qui va de la réglementation sur la publicité télévisée aux compétences du CSA. Il faudra pour l’entreprendre travailler de concert, ministère, professionnels et parlementaires.

Un combat européen. C’est désormais à l’échelle européenne que s’assure la défense de l’exception culturelle, dans les accords de libre-échange. C’est à cette échelle que doit s’effectuer la régulation des géants numériques, à travers la fiscalité mais aussi la responsabilisation dans le financement et dans la promotion de la création.
Lors de la révision récente de la directive « SMA » (« services de médias audiovisuels »), la France et ses partenaires européens ont pu déjà obtenir des avancées considérables :  désormais, les chaines de télévision et les plateformes de vidéo à la demande seront soumises aux obligations françaises de financement de la création, quel que soit leur pays d’établissement. Par ailleurs, les plateformes de vidéo en ligne devront respecter un quota minimum de 30% d’œuvres européennes dans leur catalogue d’offre.
Concernant la protection du droit d’auteur, la révision d’une directive est en cours de négociation. La France vise un triple objectif. Défendre le principe de territorialité des droits, qui est au cœur du financement du cinéma et de la création audiovisuelle. Consacrer un droit à une juste rémunération des auteurs. Mettre en place un meilleur partage de la valeur entre les plateformes numériques et les ayants droit.

Accueillir le duo Caro/Jeunet à la Halle Saint Pierre est une évidence. Bien sûr il y a Montmartre indissociable des pérégrinations sentimentales d’Amélie Poulain, et Alien la créature biomécanique du dessinateur H.R. Giger à qui la Halle consacra une rétrospective en 2005. Il y a aussi des artistes emblématiques de la Halle Saint Pierre que Jeunet découvrit au fil de notre programmation : l’electromécanomaniaque Gilbert Peyre et son esthétique foraine, Ronan-Jim Sevellec et ses cabinets de curiosités miniature à l’élégance fanée ou encore Jéphan de Villiers et son petit peuple imaginaire nostalgique des civilisations perdues. Leurs œuvres et les objets « fétiches » des films des deux réalisateurs ne forment qu’un même monde ouvrant de nouvelles voies vers l’imaginaire. Dans ce monde onirique et fantastique où les limites de l’impossible sont toujours repoussées, le rêve enfantin côtoie le conte noir, l’absurde et le cocasse le réalisme poétique.

Imaginée à partir des collections de la Cinémathèque française, l’exposition Le mystère Clouzot, organisée dans la Galerie des donateurs du Musée, revient sur l’itinéraire de ce « chercheur d’absolu », réalisateur des Diaboliques, du Salaire de la peur, du Mystère Picasso… Elle met en évidence un Clouzot souvent inattendu grâce à un parcours composé de maquettes de décors, storyboards, costumes, affiches, photos de tournages ainsi que des photos d’art méconnues, prises par Clouzot lui-même. Une rétrospective des films de ce grand nom du cinéma français classique accompagne l’événement.

Henri-Georges Clouzot ou la place du mort

« Vous êtes des esthètes du crime ! » Ce coup de chapeau, par lequel l’inspecteur Wens saluait les trois Durand de L’Assassin habite au 21, pourrait s’adresser à Clouzot lui-même : tout en reprenant les prétextes et procédés du genre criminel, il élude l’énigme du coupable à démasquer au terme d’une progression dramatique linéaire, pour lui substituer un jeu de miroirs autrement pervers. Dès son premier film – et les marionnettes sans visage qu’y fabrique Larquey –, le cinéaste installe le règne du mal non comme celui d’une « vérité » à découvrir mais d’une présence diffuse, impersonnelle, protéiforme, qui se dérobe dès qu’on croit la saisir. Cela passe d’abord par la confusion des repères narratifs, qui empêche le spectateur de s’identifier à une délégation rassurante de lui-même, et le laisse partagé entre des « doubles » aux contours indécis : Wens et Mila Malou, enquêteur bicéphale qui n’accède au cœur de l’énigme qu’au prix de menues duplicités.

Descente aux enfers

Ce dédoublement s’amplifiera dans Le Corbeau, où l’on sait encore moins à quel saint – ou démon – se vouer, entre le médecin au passé trouble et le psychiatre toxicomane ; et si la figure de l’inspecteur revient dans Quai des Orfèvres, puis dans Les Diaboliques, ce n’est que tard dans le récit, telle la réincarnation très humble et très ordinaire d’un deus ex machina qui serait impuissant à enrayer le cours des choses… Autour de cette loi absente, une culpabilité innombrable se déploie, qui est celle des cauchemars où le danger se cache derrière le familier ; aucun film de Clouzot ne résume mieux cette logique onirique que L’Assassin…, avec ses rues irréelles, peuplées de meurtriers indiscernables, avec son inquiétude d’autant plus révélatrice du climat de l’Occupation qu’elle s’exprime sous des dehors innocents. Aucun cinéaste n’aura plus lucidement vu venir le temps des assassins, dans toute l’acception collective du terme : un temps où chaque Français moyen peut s’avérer un salaud, où les catégories humanistes de la IIIe République sont gommées par l’omniprésence du soupçon : à l’anonymat multiple de Monsieur Durand fait écho, dans Le Corbeau, celui des lettres qui s’abattent sur Saint-Robin, et dont peu importe de démasquer l’auteur puisque tous ont été capables de les écrire. Et même si les Jenny et Maurice de Quai des Orfèvres ne sont pas directement responsables de la mort de Brignon, même si la Christina des Diaboliques ne l’est pas davantage – et pour cause – de celle de son mari, il suffit qu’ils aient porté le crime dans leur cœur pour n’être pas tout à fait innocentés. À la lettre, c’est à une descente aux enfers qu’invite Clouzot, selon autant de cercles qui renvoient indéfiniment à un nouveau vice, qui renvoient surtout le spectateur à sa mauvaise conscience. D’autant qu’au-delà des données lisibles du récit, le réalisateur ménage un espace vide, un no man’s land où le public se retrouve complice du mal par le seul fait d’y assister : c’est ce que traduisent les effets de caméra subjective dans les deux premiers films ; et, plus étrangement, ce prologue du Corbeau où il semble que ce soit la mort même qui emprunte nos yeux pour errer dans le cimetière, ouvrir la grille, toiser l’église qui domine la ville. L’idée sera reprise au cours de l’enterrement, lorsque le cinéaste nous impose le point de vue du défunt pour observer les paroissiens, juste avant qu’une nouvelle lettre ne s’échappe de la couronne mortuaire… Et c’est encore la mort qui apportera au film sa conclusion (?), sous le voile d’une vengeance qui s’éloigne en silence. Ce glissement vers un statut d’apprenti sorcier, qui compromettrait toutes les instances de la représentation, se renforce tout au long de l’œuvre – depuis un scénario de science-fiction (Le Monde tremblera de Richard Pottier) jusqu’à cette photo de classe des Diaboliques où se dessinent les traits du directeur disparu : il faut que le temps se dérègle ou s’arrête pour qu’on voie enfin cette place du mort d’où l’image est regardée.

Le diable est dans les détails…

Aussi bien, Clouzot privilégie l’angle fragmentaire et le détail, dont la collection maniaque ne vise qu’à reconstituer un crime qui n’a pas eu lieu, à exorciser un péché d’origine incertaine : sa crudité minutieuse n’a d’égal que le défaut d’incarnation de ses créatures. On a l’impression que son regard est trop coupable (trop conscient) pour laisser ses personnages assumer librement leur culpabilité ; la monstrueuse excroissance de son moi créateur ramène ses films à l’autocontemplation, en circuit fermé, d’un cinéma en train de se refaire, tout en leur interdisant ce dépassement initiatique proposé par ses maîtres Hitchcock ou Lang. Dans Le Corbeau, cela peut prendre la forme d’un expressionnisme rhétorique, qui trouve une célèbre illustration dans la scène où Larquey fait se balancer la lampe en dissertant sur le bien et le mal, l’ombre et la lumière… À partir des années cinquante et de la médiatisation internationale du cinéaste, cela deviendra une manipulation de plus en plus virtuose : du Salaire de la peur aux Espions, des Diaboliques à L’Enfer, Clouzot s’adonne à une surenchère spectaculaire dans l’expérimentation de la fiction et de ses pouvoirs mystifiants – jusqu’à se retrouver pris au piège de cette omniscience à la Mabuse. C’est d’ailleurs l’époque où il filme d’autres artistes, cherchant à ressaisir le mouvement de la création, quand la sienne se paralyse dans la démesure. Peut-être son génie ne s’est-il jamais mieux épanoui que sous la contrainte. C’était le cas dès L’Assassin…, où le modèle de la comédie policière made in Hollywood laissait libre cours à son goût des jeux de rôles. C’est encore plus vrai dans Quai des Orfèvres, qui marque, après le scandale du Corbeau, un parti pris de neutralité et d’invisibilité : on y relève à peine quelques effets manifestes, comme l’enchaînement elliptique des scènes d’introduction, qui ne fait qu’ajouter à la fluidité du découpage. Surtout, c’est le seul de ses films où, sans condamner d’emblée ses personnages, Clouzot les accompagne au plus épais du quotidien, avec leurs difficultés et leurs contradictions ; quitte à les abandonner à leur devenir, à la fois plus criminels et plus humains. Peut-être fallait-il en revenir aux codes du genre pour que ce cinéaste misanthrope se réconcilie (le temps d’un chef-d’œuvre) avec ses semblables.

Noël Herpe

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